La Johannique du 12 avril 2026
C’était le mot à ne pas prononcer. Lors du carême, si un jeune avait le malheur de dire le mot « Alléluia », ses amis lui sautaient dessus comme s’il avait mentionné le-nom-de-celui-dont-on-ne-doit-pas-dire-le-nom (Voldemort chez Harry Potter). Ce rigorisme peut nous faire sourire. Mais il a le mérite de marquer la différence avec l’Octave Pascale où l’Alléluia résonne sans cesse, comme à la fin de la messe où le diacre lance d’une voix chancelante « Allez dans la paix du Christ alléluuia, alléééééluuuia ! ».
Or Alléluia veut simplement dire « qu’ils louent Dieu » ou « louez Dieu ». Ainsi sans le dire explicitement nous n’avons pas arrêté de louer le Seigneur par nos chants, notre prière et notre vie tout au long du carême. Maintenant que nos lèvres proclament l’Alléluia, comment peuvent-elles être un miroir de notre cœur ? Ou tout du moins comment peuvent-elles nous aider à nous tourner vers Dieu ?
Bien que ce mot ne soit pas une incantation magique d’Harry Potter, pourquoi ne pas écrire ce mot en évidence dans nos maisons ? Sur nos fonds d’écran ? Dans nos playlists ? Alors notre vie entière devient une vie reçue de Dieu et offerte en retour à Dieu, une vie alléluiatique !
César Lesne, diacre