La Johannique du 8 mars 2026
La rencontre fortuite entre Jésus et la samaritaine (Jn 4) suggère un itinéraire spirituel de carême. Dans les évangiles, Jésus rejoint les personnes et entre en dialogue avec elles à partir de leurs réalités concrètes : semence, pain, vigne, eau. De plus, ces rencontres à partir de ces réalités qui rendent le message évangélique accessible, se vivent partout : en chemin, au puits et ne se limitent pas à leur matérialité, mais ouvrent à un retour en soi, à l’intériorité.
De la soif matérielle, « donne-moi à boire », Jésus conduit la samaritaine à la découverte de sa soif de bonheur sans la condamner. Il parcourt avec elle un chemin spirituel qui va de la source extérieure (le puits) à la source intérieure (l’âme, le cœur), obstruée par le péché et les blessures. Au fil du dialogue, la samaritaine progresse dans la connaissance de son interlocuteur : de « Juif » à « Seigneur » puis à « prophète » jusqu’à le reconnaître comme le « Christ ». A partir de cette connaissance du Christ, elle « laisse sa cruche » et devient missionnaire, « Venez voir ». Quel magnifique et inspirant itinéraire spirituel !
Durant ce temps de vacances en contexte de carême, ai-je pu faire une rencontre transformante avec le Christ à partir de ma réalité concrète : ski, montagne, neige, famille ? Me suis-je laissé conduire par le Christ au plus intime de moi-même, pour découvrir mes misères et aller à la rencontre de sa miséricorde (notamment par la confession) ? Ai-je accueilli la soif des personnes fragiles et souffrantes comme un lieu de connaissance et de rencontre du Christ dans la compassion et l’aumône ? Mes soifs assumées et transformées par les exercices de piété sont-elles pour moi des sources de conversion personnelle et de mission ?
Père Justin Bannedé