Paroisse Sainte-Jeanne d’Arc - Versailles
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          Une vocation réalisée

Une vocation réalisée

Homélie pour la fête de sainte Jeanne d’Arc

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  • 25 mai 2009
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Poussée sur le bûcher, élevée sur les autels, Jeanne d’Arc suit imperturbablement sa vocation.

  • Homélie 24 mai 2009 - (mp3 - 3.8 Mo) Télécharger

Les XIe et XIIe siècles sont la Renaissance du Moyen-âge. On élève les cathédrales, la population s’accroît sensiblement. Les deux siècles suivants vont malheureusement révéler les faiblesses de cette société.

La dynastie capétienne ne connaît pas d’interruption sur plus de trois siècles. Ce ‘miracle’ prend fin avec Louis X le hutin. La monarchie héréditaire a ses failles. Côté Valois, la folie de Charles VI suivie d’une période de régence ne font que manifester les appétits de pouvoir. La France se retrouve coupée en deux : les Bourguignons prennent le parti du roi d’Angleterre qui prétend à la couronne de France. Les Armagnacs soutiennent le dauphin. Mais en 1429, l’Angleterre contrôle tout le nord et l’ouest de la France.

La crise touche aussi nos voisins. En Italie, le Pape lui-même est obligé de guerroyer pour garder son domaine. Là aussi le pouvoir se morcelle jusqu’à compter trois successeurs légitimes de saint Pierre, au grand dam de sainte Catherine de Sienne. Les papes, SDF, cherchent la protection des puissants. Benoît XIII s’accroche en Avignon. A Rome, les grandes familles s’entre déchirent. Grégoire XII prend la place de Jean XXIII qui se place sous l’autorité de Sigismond, l’empereur d’Allemagne. En 1417, l’élection de Martin V, pape autoritaire et énergique, par le concile de Constance, met fin à cette situation. Les rois n’oublieront pas qu’il est plus facile de surveiller un Concile qu’un Pape. En particulier les Armagnacs qui promeuvent déjà une église gallicane. Jeanne ne le sait pas et malheureusement pour elle, Martin V meurt dans l’hiver 1431, alors que son procès commence à peine. Le nouveau pape, Eugène VI, n’a pas le même talent politique ni la même autorité que son prédécesseur.
Ces crises politiques imbriquées ne peuvent faire face à une crise économique : forte démographie et mauvaises récoltes, guerres ruineuses. L’Eglise joue fort heureusement un rôle social majeur.

Dans ce contexte, comment ne pas être bouleversé par une jeune paysanne sans moyens qui fait confiance à ses voix et parvient à ses fins. Sans être connue, sans expérience de la politique ni de la guerre, elle gagne mystérieusement la confiance du dauphin, obtient une armée et lève le siège d’Orléans, avant de faire une percée de plusieurs centaines de kilomètres en territoire anglais pour faire sacrer Charles VII à Reims. Dieu en veut-il aux anglais ? Jeanne elle-même ne le dira pas au cours du procès. Mais manifestement, Dieu préfère les anglais en Angleterre. Dieu aime surtout la paix. Charles VII a-t-il été ingrat vis-à-vis de la Pucelle en la laissant aux mains de l’ennemi ? En apparence, il a privilégié le jeu politique. Pourtant, à peine aura-t-il repris la Normandie, qu’il initiera le procès de réhabilitation. Ce dernier en effet était impensable sans un contrôle effectif des archives et des témoins.

Quelle leçon pour nous aujourd’hui ? L’appétit de pouvoir des puissants de ce monde engendre le désordre politique. Le désordre politique engendre le désordre spirituel, moral et économique. Quand les petits souffrent, Dieu souffre avec eux. Jeanne a su discerner ce que Dieu lui demande. Elle a su lui faire confiance pour qu’il mène à bien son projet, alors même que cela paraissait impossible. Jusque dans l’adversité, Jeanne reste attachée à Jésus et vit « en bonne chrétienne », ne cherchant que la vérité et la justice. C’est ce qu’on appelle une vocation réalisée. De ce don d’elle-même naît un sentiment national que l’on croyait perdu à jamais. Quatre siècles plus tard, on s’en souvient encore et Jeanne est simultanément fêtée par tout le pays et élevée sur les autels. Le 8 mai dernier, aux fêtes d’Orléans, Monseigneur de Germigny, évêque de Blois, a émis le souhait de voir Jeanne reconnue docteur de l’Eglise et de rejoindre ainsi d’autres docteurs étonnants de simplicité : la petite Thérèse et sainte Catherine de Sienne.

Jeanne nous montre le chemin : il faut aller à Jésus et se faire serviteur de son Eglise. Dès lors on ne peut se tromper.

2 réactions


31 mai 2009 14:44, par Jacques

Merci de nous permettre d’écouter ou de réécouter les homélies des prêtres de la Paroisse... (surtout celle-ci qui est très intéressante !) Peut-être pourrait-il y avoir plus d’enregistrements d’homélies ? En union de prières

- repondre message

  • 31 mai 2009 23:20, par Abbé Sartorius, curé

    Nous travaillons sur la question. Mais pour devenir systématique, il faut trouver une solution technique facile et fiable... C’est en bonne voie.

    -  répondre

 

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Nous vous invitons à réserver la date du samedi 18 novembre pour un dîner d’accueil dans la crypte de l’église.

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