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  • 18 octobre 2007
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Homélie pour le jour de l’Ascension

Messe radio-diffusée sur France-Culture le Jeudi 17 mai 2007 à l’occasion du centenaire du scoutisme.


Aujourd’hui, Jésus-ressuscité se sépare des Apôtres et s’élève auprès de Dieu. Un lieu, à Jérusalem, garde le souvenir de ce départ. Une pierre, portant ce qui pourrait être l’empreinte d’un pied de fort grande taille, rappelle ce geste ultime de notre Sauveur dans son Incarnation.

La chose est connue. « On se souvient que Saint Ignace de Loyola, en 1523, avait déjoué la surveillance des franciscains qui accompagnaient la troupe des pèlerins et soudoyé le gardien de la mosquée située au lieu de l’Ascension, pour revoir les empreintes des pieds du Christ, inquiet de ne pas se souvenir où était le pied droit et où était le pied gauche » (Marie-Christine Gomez-Géraud, Le crépuscule du Grand Voyage, Paris, Champion 1999, p.599).

L’incrédulité des temps modernes pourrait s’étonner de cette curiosité impatiente du fondateur de la Compagnie de Jésus. N’est-ce pas seulement l’expression d’un fort « sens du concret » qui ancre solidement la foi. Les amateurs de pèlerinages savent bien que celle-ci entre par les pieds. L’esprit de Saint Ignace devait un jour se retrouver dans le scoutisme.

Il y a 100 ans jour pour jour, Baden-Powel, général illustre de sa majesté, en retraite prématurée pour raisons politiques, prépare un camp d’été pour 22 garçons d’origines diverses. Je ne parle pas ici de dossiers de camps et de fiches roses. C’est la méthode même qu’il invente et veut tester sur le terrain. Par le jeu et la proximité avec la nature, ces premiers boys scouts découvrent une vie enthousiasmante. Ils désirent progresser et sont tirés vers le haut. Le soir, au feu de camp, le vainqueur de Mafeking raconte des histoires qui font rêver.

Bien ancrée dans la dimension pratique, la méthode scoute éduque aussi au sens des autres et au sens de Dieu. Ce fut un tel succès que le camp fut prolongé de huit jours. Les mois suivants, B.P. s’atèle à rédiger sa méthode et publie le manuel incontournable : « Scouting for boys ».

En Belgique où est exilé le noviciat des jésuites français, Jacques Sevin découvre le scoutisme vers 1911. Ce jeune licencié en anglais lit probablement l’ouvrage de B.P. dans le texte avant de rencontrer son auteur en 1913.

Survient alors la guerre. Bloqué près de Bruxelles, le Père Sevin crée un scoutisme clandestin au nez et la barbe de l’occupant. Depuis, le scout est toujours un peu frondeur ! Puis il crée « la ligue eucharistique de Jeanne d’Arc » pour les jeunes filles. La 1ère Mouscron est née ! Sous son impulsion, un scoutisme fortement catholique se répand en France comme une traînée de poudre dès l’Armistice. En 1920, avec le chanoine Cornette et Edouard Macédo, il fonde la Fédération Catholique des Scouts de France.

Les anglo-saxons font tout à l’envers, dit-on. Mais ils ont le génie pour les idées simples et faciles à copier. En ces dernières décennies, n’a-t-on pas importé la méthode des Cellules paroissiales d’évangélisation ou celle des Cours Alpha ? Rendons grâce pour les fruits du scoutisme.

Aujourd’hui, ce sont environ 150.000 jeunes qui vivent chaque année l’aventure scoute. Ils sont des millions dans le monde entier à avoir prononcé un jour la promesse qui fait de chaque scout le frère des autres.
Si le scoutisme bénéficie d’un capital de sympathie auprès de tous, il fait toujours un peu sourire.

Le scout vit dans la nature. Or, il apparaît que les mouvements scouts sont très fortement implantés dans les grandes villes. Drôlement citadins, nos scouts ! Pourtant le regard du jeune ne sera plus jamais le même sur la nature qui l’environne. Il respectera le chêne et appréciera la châtaigner qui se fend bien et égaille le feu de veillée de pétards inopinés. L’expérience est inoubliable. On reste toujours un peu « boy scout » : deux doigts de débrouillardise, tout ce qu’il faut dans les poches, sauf les mains, des solutions économes et efficaces, des projets où l’on ne cherche pas tant à se mettre en avant qu’à progresser et servir, voilà les ingrédients pour « ne rien faire à moitié ».

Autre image d’épinal, l’altruisme du scout est devenu légendaire. Le scout a le sens des autres. Pourtant, l’esprit de la B.A., la Bonne Action, n’est pas particulièrement à la mode. Car il s’agit d’aider l’autre gratuitement, sans rien attendre en retour, uniquement parce qu’il en a besoin. C’est normal : tout ce qu’un scout a reçu, il l’a reçu par les autres et avec eux. Ainsi le scout se repère-t-il très vite dans la société, surtout s’il a gardé l’esprit joueur ( ce qui a le don d’exaspérer l’ancienne cheftaine qui l’a épousé).

Cette aptitude à la vie en société rejaillit sur lui-même. Pour servir, il faut « être prêt ». Et pour être prêt, il faut s’être préparé. Appliquons ce principe au jeune d’aujourd’hui : vivre l’esprit scout, c’est avoir des chaussures lacées, un pantalon fermement tenu par une ceinture. La seule chose que l’on cherche à montrer, c’est un regard franc et ouvert sur le monde. La nature humaine est comme la nature végétale : un rien d’ordre la transforme.

Enfin, dans un monde marqué par le matérialisme, le scout a le sens de Dieu. Je ne parle pas seulement de la grandeur du Tout-Puissant qui impressionne celui qui, ayant mal déchiffré sa carte, s’est hasardé là où il ne fallait pas, ni du sentiment de petitesse que l’on ressent devant le Très-Haut lorsqu’un orage imprévu vous transforme en éponge. Je fais plutôt référence à ce Dieu proche qui accompagne celui qui s’engage : « Sur mon honneur et avec la grâce de Dieu ».

Je me souviens du jeune Fabrice, fils unique dont les parents se souciaient très peu. A son entrée à la troupe, à l’âge de 12 ans, il déclarait à ses camarades : « Je veux prononcer ma promesse, parce que enfin, j’aurai une loi à respecter ». Ces paroles simples sont gravées dans ma mémoire d’aumônier, et je prie encore pour Fabrice...

Car l’aumônier vit avec les scouts et comme eux. Et les scouts vivent avec Jésus et comme Lui : « Seigneur et Chef Jésus-Christ » dit le Chef de patrouille dans sa prière. La confession devient l’aide nécessaire désirée. Et la Messe, au camp, c’est mytho ! Même pour le prêtre !

Le scoutisme peut donc nous expliquer pourquoi les Apôtres redescendent tout joyeux à Jérusalem alors que Jésus-ressuscité vient de se séparer d’eux. Le Christ est monté vers « ce camp de repos de et de joie où Dieu a dressé sa tente et la nôtre pour toute l’éternité » (Prière des chefs) et les Apôtres peuvent chanter : « Fais-nous quitter l’existence, joyeux et pleins d’abandon, comme un scout, après les vacances, s’en retourne à la maison ».

  • Abbé Amaury Sartorius

Pour mieux connaître le Père Sevin, consulter le livre très bien documenté du Père André Manaranche sj, « Jacques Sevin, un identité » (Le Sarment-Fayard).

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