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Le premier évêque de Versailles

Chronique historique

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Ecrire à l'auteur  Abbé Sartorius, curé  12 novembre 2007
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Monseigneur Charrier de la Roche, premier évêque de Versailles, fut-il vraiment un évêque constitutionnel ? L’histoire le désigne plutôt comme un catholique courageux.



En 1789, l’abbé Charrier de la roche est curé de la très vénérable paroisse Saint-Martin d’Ainay, à Lyon. Il fut député aux Etats-Généraux.

En 1791, il est élu simultanément évêque de Bourges et de Rouen. Il choisira la Seine Inférieure. Sacré par Monseigneur Gobel, archevêque de Paris, le 10 avril suivant, il avait senti rapidement sa faute et donné sa démission le 26 octobre de la même année.

En 1797, il faisait sa soumission au Pape d’une façon fort édifiante, et malgré son humilité et ses résistances, était désigné au Concordat comme évêque du nouveau diocèse de Versailles.

Il prend possession de son siège le 27 avril 1802, âgé de 64 ans. Le diocèse comprend alors les deux départements de Seine-et Oise et d’Eure-et-Loir. Son activité est immense, le nombre de lettres conservées en témoigne.

Tout en exigeant les soumissions nécessaires, Monseigneur Charrier de la Roche fut toujours impartial. Ses premières nominations de curés sont du 4 novembre 1802 : les constitutionnels sont en majorité. Un certain nombre de prêtres - jureurs ou non - restés pendant la Révolution ou revenus dans leur paroisse son réinstallés sans difficulté. Là où il faut un changement, comme à Argenteuil, l’évêque assure la mutation de sa bienveillante autorité.

Il ne recule pas devant la nomination de curés qui ont eu une vie agitée dans la tourmente, comme Lambert, curé de Bessancourt, ancien viciare à Paris puis commissaire de police à Boulogne-sur-Mer ; Durant, ancien moine, curé de Taverny, puis juge au Tribunal de Neufchâtel (Seine Inférieure), mais qui se sont réconciliés avec l’Eglise et qui devinrent d’excellents curés. Parfois, il est vrai, Monseigneur Charrier de la Roche fit des choix moins heureux, occasionnés par des renseignements insuffisamment contrôlés, et ce ne fut pas une de ses moindres peines.

La formation de ses prêtres fut un des grands soucis de son épiscopat. Il obtint l’ouverture d’un grand séminaire, installé avenue de Sceaux en octobre 1807. Il favorisa également l’établissement de communautés religieuses : les Sœurs de Saint Thomas de Villeneuve, les pères Trappistes, les frères des écoles chrétiennes.

Il meurt en 1827 à 90 ans, laissant le souvenir d’une piété profonde.

D’après le Bulletin du diocèse de Versailles du 4 juin 1939

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