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          L’onction, le don de la sainteté

L’onction, le don de la sainteté

Homélie de Mgr Aumonier pour la messe chrismale du 7 avril 2009

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  • 8 avril 2009
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Mgr AumonierQu’avons-nous entendu pendant les siècles qui ont précédé la venue de Jésus ?
« Tes portes seront toujours ouvertes, ni le jour ni la nuit on ne les fermera ( Is
60,11) ; « tu sauras que c’est moi le Seigneur qui te sauve »(60,16) ; « tu
n’auras plus le soleil comme lumière le jour, la clarté de la lune ne t’illuminera
plus…Dieu sera ta lumière éternelle et les jours de ton deuil seront
accomplis »(60,19) ; « Moi le Seigneur en temps voulu j’agirai vite » (60,22).
Aujourd’hui Jésus à la synagogue de Nazareth nous montre que la Promesse est
accomplie « l’Esprit du Seigneur est sur moi, car le Seigneur m’a donné
l’onction » : (Is 61, 1).


L’onction…La liturgie de ce soir nous donne de la comprendre au cours de cette
messe où seront bénites et consacrées les huiles saintes : ce qui fait le coeur de
notre être et de notre vocation à tous, c’est le don de la sainteté, l’amour divin
reçu au baptême fait pour être communiqué. Ce qui fait notre joie à nous
ministres ordonnés, c’est de servir les saints !

Nous sommes conduits ce soir à la source vive des sacrements, jaillissant du
côté transpercé du Christ, Notre Seigneur. Nous sommes invités à nous exposer
au souffle de l’Esprit de Pentecôte donné par Jésus. A travers les siècles et
malgré les vicissitudes, malgré nos péchés et nos insuffisances, l’Esprit agit avec
force et douceur, dans l’Eglise, pour le monde. La question, la seule vraie
question à nous poser est celle-ci : nous laissons nous faire, me laissé-je faire par
Lui ?

Laissons cette question faire son chemin en nos coeurs et nos esprits un peu
secoués par plusieurs évènements de la vie de l’Eglise qui se sont récemment
succédés. Ils ont parfois provoqué parmi nous et autour de nous de
l’incompréhension, voire des révoltes.

Quand les épreuves venues de l’intérieur ou de l’extérieur de l’Eglise nous
affectent, nous ne sommes pas invités à colporter nos malaises mais à exposer
nos coeurs et nos intelligences à l’Esprit Saint.

L’Esprit de vérité nous fera alors entrer dans le discernement spirituel. Nous en
avons grand besoin pour nous situer dans la juste perspective pour lire nos
épreuves, celles du Pape, celle des évêques, celles des fidèles, et celles de ce
monde que Dieu aime. Les lire non pas à ras de terre mais à la lumière de la foi,
éclairés, d’une manière ou d’une autre, par le mystère de la présence du Christ
dans l’histoire des hommes.

Un des lieux où notre vigilance spirituelle est de plus en plus fréquemment
sollicitée est celui de notre rapport à l’opinion et aux opinions. Nous ne pouvons
ignorer ni l’existence d’une opinion publique, ni la façon dont elle se fait ou se
défait, mais il est important que nos réactions de sagesse l’emportent sur les
seules émotions. Je ne veux pas seulement évoquer la nécessaire capacité de
recul pour ne pas perdre de vue le sens des proportions, mais la capacité de
marcher sur le chemin de la miséricorde, de déceler les enjeux spirituels d’une
situation, de pratiquer le pardon des offenses ou des agressions. Je songe en
particulier aux jeunes scolaires ou étudiants catholiques. Leur témoignage est
souvent courageux dans des conditions difficiles, plus difficiles sans doute que
celles que nous avons connues quand nous avions le même âge qu’eux. Ils ont
besoin de notre soutien.

Dans le contexte de globalisation et de mondialisation où nous vivons, la
connaissance des méthodes et des techniques de communication est à la fois très
nécessaire et très exigeante. La bonne nouvelle demande elle-même à être
annoncée, de sorte qu’elle soit entendue par tous. Nous ne sommes jamais
dispensés d’employer la pédagogie de Jésus, et nous devons nous garder de
donner la leçon à quiconque. Mais nous savons aussi que l’accueil de l’Evangile
ne dépend pas d’une « bonne com », pourtant nécessaire. Jésus le premier l’a
lui-même expérimenté. L’homme du XXI° siècle, comme l’homme des premiers
siècles, a le droit d’entendre la parole de Dieu. Celle-ci se propose de façon
modeste et claire. Mais elle contredit souvent les modes de pensée et de vie de
beaucoup, qui ont du mal à recevoir des remises en cause, ou même des appels à
la réflexion. Cela ne devrait plus nous surprendre.

Surtout, L’Esprit, sans gommer les épreuves, nous donne la force et la paix dans
la communion fraternelle. Il nous donne de résister aux tentations de nous
déchirer, de nous mordre, de nous critiquer. C’est pourquoi, sans pouvoir jamais
nous habituer aux divisions anciennes dans l’Eglise, nous nous réjouissons des
gestes d’ouverture du Pape même s’ils sont difficilement reçus par certains ou
politiquement interprétés et récupérés par d’autres. C’est pourquoi aussi, cela dit
en passant, nous ne prêterons ni l’oreille ni le flanc aux représentations ou aux
discours qui cherchent à opposer les Evêques au Pape.

L’Esprit Saint nous remet surtout dans l’axe de la joie pascale. Il fait de nous des
priants pour le monde entier, en nous joignant à la prière de Jésus en son
sacrifice, en transformant nos vies par l’offrande eucharistique, en « sacrifice de
louange ». Ceci n’est pas une phrase pieuse. L’Esprit nous met au travail de la
prière et du service inlassable de nos frères, service très concret de l’espérance
qui sauve. Il imprime en nous la Parole de Dieu, le Christ Jésus, Il nous donne
de laisser résonner l’Evangile, dans la catéchèse, dans nos vies pour que nous
devenions la « bonne odeur du Christ », la charité, l’amour répandu dans les
coeurs.

Oui, que l’Evangile, tout l’Evangile, soit notre référence vivante, et non pas une
note en bas de page, et non pas seulement des passages que nous sélectionnons !
Que la parole de Dieu s’imprime aussi, pour ainsi dire, en pratique sociale : dans
les années qui viennent, nous chercherons à en tirer la lumière pour stimuler et
éclairer notre action. Déjà à travers les débats de bioéthique, nous cherchons à
contribuer à l’éveil des consciences, de nos propres consciences pour construire
la société. Il y a un rapport évident, comme le disait déjà de façon abrupte Mère
Teresa entre l’accueil de la vie humaine, et la paix du monde. Les grands
combats contre les maladies et les pandémies, où les chrétiens sont engagés avec
d’autres, ne sont pas finis. Dans la crise économique et sociale que nous
connaissons, nous sommes invités à organiser la solidarité en transformant nos
modes de vie et en étant inventifs.

Avançons sous le souffle de l’Esprit, dans notre marche ensemble ( notre
« synodos ») en passant par Trinité 2009, pour maintenir et intensifier dans
notre diocèse le zèle missionnaire, qui ne doit pas connaître de pause. Vivons
cette semaine sainte comme La grande semaine de notre vie.

L’évocation de la Passion n’est pas une méthode facile pour refouler ou
sublimer quoi que ce soit, elle nous pose en ce lieu où le vrai disciple est
convoqué avec Marie. Nous voulons être disciples, sans attendre la moindre
estime ou la moindre reconnaissance de quiconque. Puissions nous être assez
témoins de l’amour sans condition du Sauveur pour être dignes de le suivre en sa
Passion.

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