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          Dieu se met-il en colère ?

Dieu se met-il en colère ?

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  • 23 novembre 2008
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Saint Jean affirme à propos du Jugement dernier : « Il est arrivé, le grand jour de sa colère » Ap 6,17. Dies irae, dies illa, dit la prose. C’est le grand jour de la colère.


L’Ancien Testament confirme que Dieu se met en colère. Noé le constate à travers la puissance dévastatrice du Déluge. Abraham le pense quand il intercède : « Que mon Seigneur ne se mette pas en colère » Gn 31,35. Cette colère s’exerce contre Moïse lorsqu’il essaye de se dérober à sa mission devant le buisson ardent : « La Colère de Dieu s’enflamma contre Moïse » Ex 4, 14 et encore plus contre Israël qui adore le veau d’or : « Ma colère s’enflammera contre eux et je les exterminerai » Ex 32,10. On la retrouve en maints passages. Par exemple contre Balaam dont Dieu effrayera l’âne en chemin : « Son départ excita la colère du Seigneur » Nb 22,22 et contre Israël Nb 32,13 ou Dt 6,15.
Le motif de la colère est l’amour jaloux de Dieu pour son peuple Dt 29, 19. Il ne supporte pas l’infidélité d’Israël Jg 3,8 ; 10,7.

La colère n’est pas le seul apanage de Dieu. Elle est l’attribut des puissants : Eliab contre Saül 1Sa 17,28 ; Saül contre Jonathan 1Sa 20,30 ; Abner 2Sa 3,8 ; David 2Sa 12,5, Nabuchodonosor Jdt 1,12, Es 1,12 ; Dn 3,19. Mt 22,7. Lorsque le Roi se met en colère, c’est qu’il ne laisse pas passer ce qui l’irrite. Le temps s’arrête. Réparation doit être faite qui calmera la colère et permettra que la vie reprenne son cours.

Car la colère doit nécessairement s’achever. Il y a des formules rituelles pour exprimer cela : « Et la colère du roi s’apaisa » Es 7, 10 ou encore : « La colère du Seigneur s’étant changée en miséricorde » 2Ma 8, 5. Dans sa prière, le fidèle appelle ce moment : « Dieu, ne me châtie point dans ta colère » Ps 6,2 et il interroge Dieu : « Garderas-tu ta colère d’âge en âge ? » Ps 85,6.

La colère révèle la miséricorde : « Sa colère est d’un instant, sa faveur pour toute la vie » Ps 30,6. Dieu est « lent à la colère, plein d’amour et de vérité » Ps 86,15 ; cf. Ps 103, 8 et Ps 145, 8. « Le Seigneur est lent à la colère et riche en fidélité » Nb 14, 18. « Il y a chez lui pitié et colère » Sir 5,6. « Je te loue, Seigneur, car tu as été en colère contre moi. Puisse ta colère se détourner, puisses-tu me consoler » Is 12,1. « Dans ta colère, souviens-toi d’avoir pitié » Hab 3,2.

L’homme est appelé à imiter Dieu dans la sagesse : « Les sages apaisent la colère » Pr 29,8 et aussi dans la colère : « Réveille ta fureur, déverse ta colère » Sir 36,6.
Faisant ainsi l’expérience de la miséricorde divine, l’homme se trouve dans un rapport de vérité avec Dieu.

Dies Irae du Requiem de Cherubini en concert

La prose du Dies Irae qui constitue l’hymne du bréviaire pour cette dernière semaine de l’année liturgique médite ce thème de la colère. Connue depuis le XIVème siècle, elle est attribuée au compagnon et biographe de St François, Thomas de Celano, ce qui la ferait remonter au milieu du XIIIème siècle. Elle est donc contemporaine d’une époque où la mort est fortement présente. C’est l’époque des « danses macabres ».

Le texte développe sur un registre dramatique le thème du ‘jour de la colère de Dieu’, jour du Jugement dernier (cf. Psaume 109,5 ; Job 20,28 ; Isaïe 13,13 ; Lamentations ; Sophonie). C’est le jour où périra la création porteuse de mal pour donner naissance à une création nouvelle, la ‘Jérusalem céleste’ dans le langage de l’Apocalypse.

Dies iræ, dies illa
Solvet sæclum in favilla,
Teste David cum Sybilla.
Quantus tremor est futurus,
Quando Judex est venturus
Cuncta stricte discussurus.

Jour de fureur, jour d’épouvante
Fin du monde en cendres fumantes
Témoins David et la voyante.
Quelle frayeur pour le pécheur
Quand surviendra notre Seigneur
Pour tout scruter avec rigueur.

Tuba mirum spargens sonum
per sepulcra regionum,
coget omnes ante thronum.

Du cor dernier l’étrange voix
Par les grands champs plantés de croix
Nous poussera devant le roi.

Mors stupebit et natura
Cum resurget creatura
Judicanti responsura
Liber Scriptus proferetur
In quo totum continetur
Unde mundus judicetur.

La Mort surprise et la nature
Verront s’ouvrir les sépultures
Pour la suprême procédure.
Le Livre alors sera cité
Où faits et gestes sont notés
Dont répondra l’humanité.

Judex ergo cum sedebit
Quidquid latet apparebit
Nil inultum remanebit.

Le Juge assis pour l’audience
Explorera les consciences
Et rien n’échappe à sa sentence.

Quid sum miser tunc dicturus
quem patronum rogaturus
Cum vix justus sit securus.

Hélas quelle excuse alléguer
Pour moi, quel patron invoquer
Quand les plus saints devront trembler.

Rex tremendæ majestatis,
Qui salvandos salvas gratis
Salva me, fons pietatis.

Juge effrayant, Maître absolu
Salut gratuit de tes élus,
Source d’amour, sois mon salut.

Recordare Jesu pie,
Quod sum causa tuæ viæ
Ne me perdas illa diæ.
Quaerens me sedisti lassus,
Redemisti crucem passus
Tantus labor non sit cassus.
Juste Judex ultionis,
Donum fac remissionis,
Ante diem rationis.

O bon Jésus, tu t’en souviens
Pour moi tu t’es mis en chemin
En ce jour-là garde-moi bien.
Me poursuivant à perdre haleine
Tu dus t’asseoir. Que tant de peine,
Que ta passion ne soient pas vaines !
Juste seigneur de la vengeance,
Témoigne-moi ton indulgence.
Avant le jour de l’audience.

Ingemisco, tamquam reus,
Culpa rubet vultus meus
Supplicanti parce Deus.
Qui Mariam absolvisti
Et latronem exaudisti,
Mihi quoque spem dedisti.

Je suis coupable et je gémis,
De mes péchés mon front rougit
O Dieu pardonne, entends mon cri.
La Madeleine et le Larron
Ont obtenu ton saint pardon :
J’espère aussi l’absolution.

Preces meae non sunt dignæ
Sed tu bonus fac benigne
Ne perenni cremer igne.
Inter oves locum praesta
Et ab hœdis me sequestra,
statuens in parte dextra.

Si ma prière est bien mauvaise
Pourtant, Jésus, à toi ne plaise
Que me consume la fournaise !
Mets-moi au nombre des brebis,
Sépare-moi des boucs maudits
Qu’à ta main droite je sois mis !

Confutatis male dictis
Flammis acribus addictis
Voca me cum benedictis.
Oro supplex et acclinis
Cor contritum quasi cinis,
Gere curam mei finis.

Quand les damnés tout déconfits
A l’âcre feu seront réduits,
Appelle-moi au paradis.
Je me prosterne suppliant,
le cœur en cendres, repentant :
Prends soin de mon dernier moment.

Lacrimosa dies illa,
Qua resurget ex favilla,
Judicantus homo reus,
Huic ergo parce Deus.
Pie Jesu Domine,
Dona eis requiem. Amen.

Jour formidable où l’homme en deuil
Se lèvera de son cercueil
pour le procès de son orgueil.
Mon Dieu pardon pour les pécheurs,
O bon Jésus, Notre Seigneur,
Ton grand repos accorde-leur ! Amen.

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