Demander
Enfants adorateurs
La prière de demande nous introduit dans une relation de dépendance à l’égard du Seigneur qui peut tout pour nous et qui veut notre bonheur.
DEMANDER
La prière de demande nous introduit dans une relation de dépendance à l’égard du Seigneur qui peut tout pour nous et qui veut notre bonheur. Etudier la relation de l’homme avec son Dieu à travers cette démarche de foi va nous permettre de mieux comprendre notre comportement mais aussi de découvrir les appels que le Seigneur nous adresse lorsqu’Il met en nous le désir d’être exaucés.
I. Quelle est notre demande ?
Bien souvent dans la prière, notre cœur s’élève vers le Seigneur sous forme de supplication. La louange et l’action de grâce laissent rapidement la place à tout ce que notre vie contient d’espoirs déçus, d’attentes insatisfaites, de désirs de bonheur, d’amour et de paix. Le mal et la souffrance touchent nos vies et celles de nos proches. Nous aspirons à une existence plus fraternelle, à un monde plus juste et nous avons conscience de notre pauvreté et de la faiblesse de nos moyens pour parvenir à nos fins. La claire vision de nos limites nous pousse à chercher en Dieu la force qui nous manque et la solution à nos problèmes. Au fond de nous résonne parfois inconsciemment cette parole de Jésus à la Samaritaine : "Si tu savais le don de Dieu !" Jn 4,10. Inconsciemment, notre demande est déjà une réponse à l’amour fou de Dieu qui veut combler sa créature. « Tu es mon fils, moi, aujourd’hui je t’ai engendré. Demande et je te donne les nations pour héritage. Heureux qui s’abrite en Lui ! » Ps 2
Notre demande n’est pas toujours désintéressée. Elle s’appuie même souvent sur un besoin matériel ou affectif : recherche d’un travail, d’une maison, demande de guérison, de réconciliation dans une famille etc. Il y a aussi des demandes qui montrent clairement que Dieu est considéré comme un magicien quand on lui demande, par exemple, la réussite à un examen sans avoir travaillé…
Quand une demande est bonne et légitime, le Seigneur nous y encourage : « Demandez et vous recevrez ». Pourquoi alors ne nous exauce-t-Il pas toujours ?
1. La demande par excellence : le Royaume
Le Seigneur nous a faits pour Lui et Il nous donne les clefs du bonheur par sa parole. Dans la prière de Jésus à son Père avant sa mort, dite « sacerdotale », Dieu oriente notre demande et nous montre le but à atteindre : « Père, l’heure est venue : glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie et que, selon le pouvoir que tu lui as donné sur toute chair, il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés ! Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul véritable Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ ». Jn 17,1-3.
Nous sommes appelés à glorifier le Père par toute notre vie en Jésus-Christ. La connaissance du Père, notre vie d’union avec Lui, voilà la vraie demande à laquelle notre cœur aspire et que Jésus veut susciter en nous par ses miracles et son enseignement.
Or, Jésus fait cette ultime demande à son Père alors qu’Il est au seuil de sa passion et de sa mort. Il nous invite ainsi à nous unir à ses souffrances rédemptrices, à accueillir son salut au cœur-même de l’épreuve, à entrer dans le plan d’amour de son salut comme Il l’a fait Lui-même : « Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe ! Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se fasse ! » Lc 22,42.
Jésus nous invite à regarder plus haut, au-delà de la déception de nos demandes apparemment non exaucées, la lumière de la Résurrection. Il nous appelle à vivre le bonheur de la vie trinitaire. Cela peut nous sembler bien étranger à nos demandes concrètes, bien éloigné de nos souffrances quotidiennes. Et pourtant, c’est le chemin de vie qu’Il nous offre. Faisons confiance à l’Amour et voyons comment nous allons pouvoir faire nôtre cette demande du Royaume.
2. Demander les moyens d’accueillir le Royaume
Pour pouvoir accéder au Royaume, comprendre le plan du salut, il faut que nos cœurs y soient disposés. C’est le Seigneur Lui-même qui nous donne sa lumière par sa parole, par l’enseignement de nos cœurs dans la prière et particulièrement dans l’adoration. Accueillir le Royaume, c’est aussi fortifier notre foi, la faire grandir. Nous voyons dans les nombreux miracles de Jésus son admiration pour la foi de ceux qu’Il exauce : dans la guérison de l’enfant du centurion : "En vérité, je vous le dis, chez personne, je n’ai trouvé une telle foi en Israël."
L’Esprit Saint nous donne les moyens d’accueillir le Royaume. C’est Lui qui nous éclaire si nous le lui demandons.
Un autre moyen de nous disposer à accueillir le Royaume est d’adopter une attitude de pardon et d’humilité à l’égard du Seigneur : « Aie pitié du pécheur que je suis. » Lc 18,13. Cette attitude humble et confiante du publicain nous remet dans la lumière de la communion avec le Seigneur et les uns avec les autres.
3. Demander les moyens pour coopérer au Royaume.
Dans la prière du Notre Père, Jésus nous montre le but de notre vie : « Notre Père qui es aux cieux », Il nous enseigne les moyens pour y arriver : la louange : « que ton nom soit sanctifié », l’enthousiasme pour accueillir le retour du Seigneur : « que ton règne vienne ».
Il nous éclaire sur une des bonnes dispositions de notre cœur, celle de l’abandon : « que ta volonté soit faite sur la Terre comme au ciel »
Vient alors la demande au Père des moyens concrets pour y arriver : « donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. » Ce sont les sacrements et plus spécialement l’Eucharistie, nourriture par excellence, c’est la grâce par laquelle le Seigneur nous donne la force de vivre chaque situation, chaque instant de notre vie.
Le pardon est aussi un moyen essentiel pour coopérer à l’avènement du Royaume. Si le pardon accordé par le Seigneur : « pardonne-nous nos offenses » dispose nos cœurs à l’accueillir comme nous l’avons vu plus haut, notre propre démarche de pardon : « comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés » met en œuvre en nos vies la Rédemption qui passe par ce pardon : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » Accueillir le règne de Dieu dans nos vies passe par cette exigence de l’amour. « C’est ainsi que vous traitera mon Père céleste si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. » Mt 18,35.
La demande suivante du Notre Père : « et ne nous soumets pas à la tentation » nous fait demander le discernement et la force pour résister dans le combat que nous ne pouvons mener sans le Seigneur. La dernière demande : « mais délivre-nous du Mal » est une supplication déjà empreinte de la victoire de l’Amour sur Satan. Nous reconnaissons notre faiblesse et notre pauvreté et notre confiance en la puissance du Seigneur rend possible l’avènement du Royaume dans nos vies.
Dans le livre des Rois, la demande de Salomon à qui Dieu promet tout ce qu’il veut peut nous faire réfléchir sur notre propre prière de demande : « Donne à ton serviteur un cœur plein de jugement pour gouverner ton peuple, pour discerner entre le bien et le mal. » 1R 3,9.
II. Comment demander ?
Ce qui fonde notre demande, c’est la confiance que nous avons en Dieu qui nous aime à la folie et dont la puissance n’a pas de limite.
Sa toute puissance d’amour nous donne de croire que rien ne pourra nous arriver qu’Il ne le veuille. « C’est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l’Amour ». Ste Th.de l’E. J.
Il faut demander avec simplicité, comme les enfants qui savent que leur Père ne peut rien leur refuser, avec audace et avec une foi vive car Jésus lui-même nous y encourage : « Tout ce que vous demandez en priant, croyez que vous l’avez déjà reçu. » Mc 11,24. Cette audace est fondée sur la recommandation de Jésus : « Tout ce que vous demanderez en mon Nom, je le ferai afin que le Père soit glorifié dans le Fils. »
Demander en son Nom, c’est entrer dans la volonté du Père puisque le Fils est tout entier au service de cette volonté par son obéissance (cf. He, 5)
La persévérance et la fidélité dans notre demande sont nécessaires pour ne pas nous décourager. Il faut parfois attendre des mois ou des années avant d’être exaucé comme Ste Monique qui a prié et pleuré pendant quinze ans pour obtenir la conversion de son fils Augustin.
Dans la prière de demande, nous nous appuyons sur la foi, l’espérance, et la charité qui nous permettent de rester intimement unis à Dieu et à sa volonté. Ces vertus théologales nous permettent de vivre nos demandes dans l’abandon et de nous laisser habiter par la présence du Seigneur qui nous conduit.
L’intercession de la Vierge Marie choisie par le Seigneur pour être le canal de toutes ses grâces (cf. noces de Cana et dans les apparitions) est un appui sûr.
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