LA COMPASSION DE DIEU DANS L’ANCIEN TESTAMENT
Moïse est la figure et l’annonce de Jésus ; leur mission est identique : sauver le peuple. De même que jadis le peuple élu était prisonnier de Pharaon et esclave, de même l’humanité gît au pouvoir du mauvais (cf. Evangile de St jean) depuis le péché originel, et elle est esclave du péché. Dieu prend pitié de son peuple et lui envoie un Sauveur, un libérateur. Il assurera la Pâque (le passage) de son peuple de la terre de servitude à la terre promise.
Ainsi Yahvé dit : « J’ai vu la misère de mon peuple qui est en Egypte. J’ai entendu son cri devant ses oppresseurs ; oui, je connais ses angoisses. Je suis descendu pour le délivrer de la main des Egyptiens… » ( Ex 3, 7).
LE FILS DE L’HOMME EST VENU CHERCHER ET SAUVER CE QUI ETAIT PERDU (Lc 19, 10)
La compassion est la marque de l’humanité de Jésus ; en effet, dans de nombreuses situations, Jésus est ému et pleure : avant la multiplication des pains : « J’ai pitié de la foule, car voilà déjà trois jours qu’ils restent auprès de moi et ils n’ont pas de quoi manger.… » (Mc 8, 2).
Sa compassion envers tous ceux qui souffrent va si loin qu’Il s’identifie avec eux : « J’ai été malade et vous m’avez visité » (Mt 25, 36). Dieu n’est pas indifférent à nos difficultés, Il va souffrir avec nous : « Emu de compassion » (v 41). Il fait sien le mal des autres, Il prend sur Lui nos faiblesses : « Il a pris nos infirmités et s’est chargé de nos maladies » (Mt 8, 17).
Et en même temps, Il va guérir, surtout lorsqu’on L’implore avec foi, avec confiance : « Si tu le veux, tu peux me purifier » dit le lépreux ; le chef Jaïre dit à propos de sa fille morte : « Viens lui imposer ta main et elle vivra » (Mt 9,18) ; le bon larron : « Jésus, souviens-toi de moi, lorsque tu viendras avec ton royaume » (Lc 23, 42) ; la femme hémorroïsse qui s’approche de Jésus par derrière pour toucher la frange de son manteau en se disant « Si je touche au moins ses vêtements, je serai sauvée » (Mc 5, 25-34)…
« Si tu le veux, tu peux me purifier » : parce que le Seigneur n’exauce notre prière que s’Il pense que c’est bon pour nous. Il conditionne souvent notre guérison physique à notre salut spirituel.
Dans ce sens et à propos du sacrement des malades, le CEC (1520) dit : « Cette assistance du Seigneur par la force de son Esprit veut conduire le malade à la guérison de l’âme, mais aussi à celle du corps, si telle est la volonté de Dieu ». Jésus n’a pas seulement pouvoir de guérir, mais aussi de pardonner les péchés (Mc 2, 5-12) : Il est venu guérir l’homme tout entier, âme et corps ; Il est le médecin dont les malades ont besoin : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs » (Mc 2, 17).
LA LEPRE DU PECHE
La maladie est souvent signe du péché dans l’Ancien Testament, même si ce n’est pas une nécessité comme on le voit à travers l’exemple du saint homme Job. Job est malade mais il n’est pas pécheur. Ce livre de la Bible nous enseigne en particulier que la maladie n’est pas toujours la conséquence du péché. Elle est parfois une épreuve permise par Dieu. De même le lépreux est l’image du pécheur. Le lépreux avec sa maladie corporelle, c’est nous avec notre maladie spirituelle (péché). La maladie est un désordre, la conséquence du péché originel. Dieu n’a pas créé la maladie. La lèpre du péché peut conduire à la mort éternelle, cette éventualité émeut le Cœur de Dieu au point de le faire « descendre » en notre chair et mourir sur la croix. Jésus va mourir pour offrir un amour plus grand que nos péchés : la souffrance est la preuve et le signe de l’Amour !
Le CEC (n° 1033) nous dit : « Nous ne pouvons pas être unis à Dieu à moins de choisir librement de l’aimer. Mais nous ne pouvons pas aimer Dieu si nous péchons gravement contre Lui, contre notre prochain ou contre nous-même : « Celui qui n’aime pas demeure dans la mort. Quiconque hait son frère est un homicide ; or vous savez qu’aucun homicide n’a la vie éternelle demeurant en lui » (Jn 1, 3-15). Notre Seigneur nous avertit que nous serons séparés de Lui si nous omettons de rencontrer les besoins graves des pauvres et des petits qui sont ses frères (Mt 25, 31-46). Mourir en péché mortel sans s’en être repenti et sans accueillir l’amour miséricordieux de Dieu, signifie demeurer séparé de Lui pour toujours par notre propre choix libre. Et c’est cet état d’auto-exclusion définitive de la communion avec Dieu et avec les bienheureux qu’on désigne par le mot « enfer ». Il est important de faire entretenir à nos enfants une relation d’Amour avec Dieu et avec leur prochain.
ETRE PLEIN DE COMPASSION POUR NOS FRERES
Jésus fait participer ses apôtres à son ministère de compassion et de guérison : « Ils s’en allèrent prêcher qu’on se repentît, et ils chassaient beaucoup de démons et faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades et les guérissaient » (Mc 6, 12-13). (Notons au passage que les disciples cherchent d’abord à convertir, pensent d’abord au salut spirituel, parce que l’âme est immortelle et non pas le corps, qui retournera en poussière). Mais Dieu veut le salut de tout l’homme et de tout homme.
Saint François de Sales disait « La compassion(…) n’est pas autre chose qu’une affection qui nous fait participer à la passion et la douleur de celui que nous aimons, tirant la misère qu’il souffre dans notre cœur… »
Ce que nous aurons fait aux plus petits d’entre nos frères, c’est au Seigneur que nous l’aurons fait :
« Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire, j’étais un étranger et vous m’avez accueilli, nu et vous m’avez vêtu, malade et vous m’avez visité, prisonnier et vous êtes venus me voir. Alors les justes lui répondront : Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir, assoiffé et de te désaltérer, étranger et de t’accueillir, nu et de te vêtir, malade ou prisonnier et de venir te voir ?
Et le Roi leur fera cette réponse : En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25, 35-40)
Voilà sans doute des pistes où il est possible de vivre la compassion. Mais avant tout, pour avancer sur le chemin de la compassion, il faut avoir le désir d’aimer Dieu chaque jour davantage, de tout notre cœur, de toute notre âme et de tout notre esprit. En même temps, il faut apprendre à nous aimer tels que nous sommes, sous le regard de Dieu, avec toutes nos imperfections et nos blessures.
Pour Jean Vanier, la compassion, c’est « être avec » et dire à l’autre : « Tu es mon frère, ma soeur en humanité ; je veux être avec toi. » Jésus est venu révéler quelque chose d’entièrement nouveau : l’autre est une présence de Dieu. Jésus s’identifie à celui qui a faim, qui a soif, qui est en prison car il veut se révéler, non seulement dans « l’église-édifice », mais aussi dans les rues.
L’amour de Dieu et l’amour du prochain ne font qu’un puisque Dieu se cache dans le pauvre. C’est une réalité pas toujours facile à vivre…Saint Dominique avait une très grande compassion pour les pécheurs : il pleurait avec ceux qui étaient tristes, il priait pour eux la nuit pendant des heures dans les églises des couvents dominicains qui lui tenaient lieu de cellule. Il avait neuf positions physiques de prière en fonction de ce qu’il voulait demander à Dieu…
Et donc, nous aussi, avec un regard de Foi posé sur notre prochain, nous pouvons compatir et lui venir en aide.
Importance de l’Adoration et de sa dimension missionnaire : lorsqu’on a compati avec Jésus, on peut ensuite aller au secours de nos frères. Nous sommes appelés à nous pencher sur notre prochain comme le Bon Samaritain (Jésus) s’est penché sur l’homme à moitié vivant (nous) au bord du chemin.
JESUS AU DESERT - LE TEMPS DU CAREME
« Il se tenait dehors, dans des lieux déserts » (v 45).
Jésus se retire au calme pour prier, reprendre des forces. On pense aussi au séjour de 40 jours (nombre significatif dans la Bible) de Jésus au désert au lendemain de son baptême, pour se préparer à Sa mission de Sauveur (cf. évangile du premier dimanche de Carême). Pendant quarante jours et quarante nuits, Il prie dans la solitude et le silence, et se prive totalement de nourriture : Il jeûne.
Ce temps est un cadeau qui nous est donné pour accompagner le Christ dans l’épreuve qui le prépare au don total de lui-même. Essayons de voir le désert comme une disposition intérieure que l’on peut avoir pour se recentrer sur l’essentiel, pour convertir notre cœur jusqu’à Pâques.
Pour les enfants, c’est aussi une belle occasion de progresser dans l’amour de Dieu et du prochain, autour des trois axes : prière, partage et pénitence. En faisant un cadeau à Dieu avec amour, dans le secret de son cœur (sacrifice), on Lui montre qu’on L’aime, qu’on Le préfère à soi et à toutes choses (contraire du péché par lequel on se préfère à Lui et on S’en éloigne). Dieu voit ce cadeau, la pureté et l’amour du cœur de celui qui l’offre…
Ne pas oublier de relier ses sacrifices à Jésus car c’est pour Lui et pour le salut de nos frères que nous les faisons, à Lui que nous les offrons (cf le grand sacrifice de Jésus sur la croix). Penser aussi à Lui demander Son aide, car c’est Jésus qui nous donne la force de faire des sacrifices pour le bien du prochain. « Je complète en ma chair ce qui manque à sa Passion pour son Corps qui est l’Eglise » dira St Paul aux Colossiens (Col 1, 24).
Exemples concrets : pas de confiture sur mes tartines, rendre service, ne pas oublier de faire une toute petite prière le matin, aller en classe vers ceux qui sont souvent seuls, inviter les autres à jouer avec nous, donner quelque chose auquel on tient, se retenir de dire une méchanceté, de donner un coup de pied, obéir tout de suite et avec le sourire…
Lisons aussi les quatre préfaces de Carême, qui peuvent être prises comme de bons encouragements et qui nous rappellent le sens même du Carême !

Enfants adorateurs
Confiance et compassion
Radio Notre Dame















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