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Avance ta main

Homélie pour le 2e dimanche de Pâques

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  • 1er mai 2011
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Homélie de Jean-Paul II à la veillée des JMJ. Tor Vergata. 19 août 2000.


1. « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » (Mt 16, 15).
« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Jésus pose cette question à ses disciples, dans les environs de Césarée de Philippe. Simon-Pierre lui répond : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant » (Mt 16, 16). À son tour, le Maître lui adresse ces paroles surprenantes : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux » (Mt 16,17).
Que signifie ce dialogue ? Pourquoi Jésus veut-il entendre ce que les hommes pensent de lui ? Pourquoi veut-il savoir ce que ses disciples pensent de lui ?
Jésus veut que les disciples se rendent compte de ce qui est né dans leurs esprits et dans leurs cœurs et qu’ils expriment leurs convictions. Mais en même temps il sait que le jugement qu’ils porteront ne sera pas seulement leur jugement, parce que s’y révélera ce que Dieu aura mis dans leurs cœurs par la grâce de la foi.
Cet événement, près de Césarée de Philippe, nous introduit en un certain sens dans « le laboratoire de la foi ». Le mystère de la naissance et de la maturation de la foi s’y révèle. Il y a d’abord la grâce de la révélation : Dieu qui se donne à l’homme d’une façon intime, inexprimable. Il y a ensuite la demande d’une réponse à donner. Enfin, il y a la réponse de l’homme, réponse qui devra désormais donner sens et forme à toute sa vie.
Voilà ce qu’est la foi ! C’est la réponse de l’homme raisonnable et libre à la parole du Dieu vivant. Les questions que pose le Christ, les réponses qui sont données par les Apôtres, et à la fin par Simon Pierre, constituent comme une vérification de la maturité de la foi de ceux qui sont les plus proches du Christ.

2. L’entretien près de Césarée de Philippe a eu lieu avant Pâques, c’est-à-dire avant la Passion et la Résurrection du Christ. Il faudrait rappeler encore un autre événement, pendant lequel le Christ, alors ressuscité, vérifia la maturité de la foi de ses Apôtres. Il s’agit de la rencontre avec l’Apôtre Thomas. Il était le seul à ne pas être présent lorsque, après la Résurrection, le Christ vint pour la première fois au Cénacle. Quand les autres disciples lui dirent qu’ils avaient vu le Seigneur, il ne voulut pas les croire. Il disait : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » (Jn 20, 25). Huit jours après, les disciples se trouvaient de nouveau réunis et Thomas était avec eux. Jésus vint, toutes portes closes, et il salua les Apôtres en disant : « La paix soit avec vous ! » (Jn 20, 26) et, tout de suite après, il se tourna vers Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant ! » (Jn 20, 27). Thomas lui répondit alors : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jn20, 28).
Le Cénacle de Jérusalem fut aussi pour les Apôtres une sorte de « laboratoire de la foi ». Toutefois, ce qui s’y est passé avec Thomas va, en un sens, au-delà de ce qui est arrivé près de Césarée de Philippe. Au Cénacle, nous nous trouvons devant une dialectique de la foi et de l’incrédulité la plus radicale, et, en même temps, devant une proclamation plus profonde encore de la vérité sur le Christ. Il n’était vraiment pas facile de croire que Celui qu’on avait mis au tombeau trois jours auparavant était de nouveau vivant.
Le divin Maître avait souvent annoncé qu’il ressusciterait d’entre les morts et il avait souvent donné la preuve qu’il était le Seigneur de la vie. Et pourtant l’expérience de sa mort avait été si forte que tous avaient besoin d’une rencontre directe avec lui pour croire à la résurrection : les Apôtres au Cénacle, les disciples sur la route d’Emmaüs, les saintes femmes près du tombeau... Thomas, lui aussi, en avait besoin. Mais lorsque son incrédulité eut fait l’expérience directe de la présence du Christ, l’Apôtre qui doutait prononça ces mots dans lesquels s’exprime le noyau le plus intime de la foi : s’il en est ainsi, si Tu es vraiment vivant tout en ayant été mis à mort, cela veut dire que tu es « mon Seigneur et mon Dieu ».
Dans ce qui est arrivé à Thomas, le « laboratoire de la foi » s’est enrichi d’un nouvel élément. La Révélation divine, la question du Christ et la réponse de l’homme ont eu leur achèvement dans la rencontre personnelle du disciple avec le Christ vivant, avec le Ressuscité. Cette rencontre est devenue le début d’une nouvelle relation entre l’homme et le Christ, une relation où l’homme reconnaît existentiellement que le Christ est Seigneur et Dieu ; non seulement Seigneur et Dieu du monde et de l’humanité, mais Seigneur et Dieu de mon existence humaine concrète.

4. Chers amis, aujourd’hui encore, croire en Jésus, suivre Jésus sur les pas de Pierre, de Thomas, des premiers Apôtres et témoins, exige de prendre position pour lui, et il n’est pas rare que ce soit comme un nouveau martyre : le martyre de celui qui, aujourd’hui comme hier, est appelé à aller à contre-courant pour suivre le divin Maître, pour suivre « l’Agneau partout où il va » (Ap 14, 4). Ce n’est pas par hasard, chers jeunes, que j’ai voulu que pendant l’Année sainte on fasse mémoire, près du Colisée, des témoins de la foi du XXe siècle.
Il ne vous sera peut-être pas demandé de verser votre sang, mais de garder la fidélité au Christ, oui certainement ! Une fidélité à vivre dans les situations quotidiennes.

6. Chers amis, à l’aube du troisième millénaire, je vois en vous les « sentinelles du matin » (cf. Is 21, 11-12). Chers jeunes du siècle qui commence, en disant « oui » au Christ, vous dites « oui » à chacun de vos plus nobles idéaux. Je prie pour que le Christ règne dans vos cœurs et dans l’humanité du nouveau siècle et du nouveau millénaire. N’ayez pas peur de vous en remettre à lui. Il vous guidera, il vous donnera la force de le suivre chaque jour et en toute situation.

Jean-Paul II, 19 août 2000

1 réaction


17 juin 2011 05:42

Merci Beaucoup Smile =-=

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